This post is also available in: English (Anglais)

Focus – Jeudi 16 mars – 14h

IBRIDA

FESTIVAL D'ART INTERMEDIA (ITALIE)
Espace Municipal Georges Conchon, Rue Léo Lagrange, Clermont-Ferrand

Présentation :

Le festival d’arts intermédias Ibrida est né en 2015 avec l’objectif de promouvoir la culture des arts intermédias et de rendre accessible au public italien les récentes productions dans le domaine de l’audiovisuel expérimental (art vidéo, found footage, métacinéma, animation 2D et 3D, etc.), de la performance et de la musique électronique. Sur une durée de quatre jours, le festival propose une généreuse sélection de vidéos en provenance du monde entier, sélectionnées à partir d’un appel international à candidatures, une demi-douzaine de performances ou concerts, des rencontres avec des artistes, critiques d’art et programmateurs, ainsi qu’un espace dédié aux installations interactives. Chaque année, le festival donne lieu à d’importantes collaborations avec des festivals italiens et internationaux, afin d’élargir les échanges de savoir et les collaborations entre artistes. Le festival Ibrida est actuellement organisé par le Vertov Project, sous la direction artistique de Francesca Leoni et Davide Mastrangelo, tous deux artistes et réalisateurs. Il se tient en septembre dans la ville de Forlì, en Italie.

Curatrice :

Francesca Leoni
Artiste vidéo et journaliste vidéo, Francesca Leoni est diplômée en communication de l’Université de Caroline du Nord, à Wilmington (États-Unis). Durant ses études, elle commence à faire du théâtre, en travaillant principalement sur le corps et les émotions en appliquant « la méthode ». De retour en Italie, elle se lance dans un parcours entre la vidéo et le cinéma, étudiant auprès de divers grands maîtres italiens et étrangers. Sa recherche est axée sur le corps et sa capacité de résonance des émotions, et sur la mise en évidence du lien entre l’être humain et la vie contemporaine à travers la performance, l’art vidéo et le cinéma expérimental. En juin 2011, elle fonde un duo artistique avec Davide Mastrangelo, avec lequel elle réalise des vidéos et des performances diffusées dans des festivals du monde entier.
Elle est co-directrice artistique du festival d’arts intermédias Ibrida depuis 2016.

PROJECTION VIDÉO :

Présentation du programme :

Panorama de la production italienne en art vidéo et en cinéma expérimental, autour des artistes qui utilisent simultanément des supports et des techniques variés. Ce programme propose un échantillon de travaux présentés lors du festival Ibrida. La plupart des artistes sont issus de différentes disciplines artistiques : théâtre, design, publicité, peinture ou photographie. Certains des thèmes abordés se retrouvent fréquemment dans le travail de ces artistes : l’espace urbain, l’immigration, la condition sociale, la famille.

Gente Comune – Common People / Filippo Berta / 2021 / Slovénie, Croatie, Serbie, Hongrie, Grèce, Macédoine du Nord, Mexique, États-Unis, Corée du Sud / 10’00

Des habitants de zones frontalières ont été mis à contribution pour ce projet, qui tourne autour d’une seule et unique action : tenter de compter, dans sa langue maternelle et en les touchant une à une de l’index, les pointes des amas de barbelés installés le long des frontières du pays. Les voix se mêlent dans une litanie qui enveloppe le spectateur, sorte de chorale mondiale en plusieurs langues. Face à ces clôtures menaçantes, un lien étrange se crée entre les barbelés et chaque participant. La question est posée : combien de frontières invisibles y a-t-il en chacun de nous ? L’impossibilité de mener à bien ce décompte laisse imaginer un immense réseau de frontières idéologiques qui nous enveloppe, nous contraint, empêchant la conscience individuelle et sociale d’évoluer. Le projet a débuté sur le terrain en 2015 et s’est achevé en 2021. Les frontières des pays suivants ont été visitées : Slovénie, Croatie, Hongrie, Serbie, Macédoine du Nord, Grèce, Turquie, Bulgarie, Mexique, Etats-Unis, Corée du Nord, Corée du Sud.
Common People s’inscrit dans le cadre de The One by One Project, lauréat de la Ve édition de « Italian Council 2019 », avec le soutien de la Nomas Foundation à Rome, et du GAMeC à Bergame.

MILANO DI CARTA / Gianmarco Donaggio / 2020 / Italie / 7’05

Le film part de l’idée que la société occidentale contemporaine serait atteinte d’une maladie de la suspension. À l’aide d’un appareil optique de sa fabrication, l’artiste s’est plongé dans la dimension microscopique de l’affiche publicitaire, avant de la projeter à nouveau dans son environnement urbain d’origine.
Il en résulte une vidéo planante qui fait se rencontrer la micro et la macro en une séquence de projections urbaines, au cours desquelles, par un jeu de perspectives juxtaposées, la réalité se retrouve partiellement suspendue.

Sogni di Segni / Virgilio Villoresi / 2019 / Italie / 1’15

Ce court métrage, qui utilise la technique de pixilation, est un hommage aux grands artistes italiens du XXe siècle de la collection « Collezione Ramo ». De Giorgio De Chirico à Bruno Munari, de Giacomo Balla à Domenico Gnoli, les travaux se mêlent les uns aux autres pour créer des animations originales et magiques.

Studi per Utopia Nostalgia del Futuro / Gianluca Abbate suono Useless Idea / 2022 / Italie / 6’23

Compilation d’études préparatoires en vue de mon nouveau projet, provisoirement intitulé Utopia – Nostalgia for the future. Il s’agit de simples esquisses, essais ou expériences, dont certaines ont été mises en ligne. Ma recherche est centrée sur le lien entre le corps et la végétation. Je souhaite montrer les liens entre les entrailles de l’organisme et l’harmonie de la nature, car chacun de nous recèle en lui un diorama.

Paradise Lost / Francesca Fini / 2022 / Italie / 6’ 25

Une créature d’origine extraterrestre évolue dans un univers onirique et mystérieux qui semble sur le point de s’effondrer au moindre coup de vent. Le film est né de l’envie de l’artiste de raconter un rêve récurrent, dans lequel la sensation de tomber dans le vide (que nous avons tous connue au moins une fois) évolue vers la sensation de précarité et d’incertitude qui caractérise notre époque. De la pandémie à la guerre en Ukraine, l’actualité semble constituer une sorte de compte à rebours qui ne mène nulle part. Cet univers aliénant et irréel est peuplé d’étranges créatures fantastiques qui semblent avoir pour mission de préserver l’essence même de notre nature animale.

You Will Never Know My Name / Igor Imhoff, Konstantin Dellos, Jonny Zoum / 2022 / Italie, Allemagne / 04’05

Histoire d’un monde primitif plongé dans l’obscurité, dans lequel des créatures errent sans répit, peut-être en quête de nourriture. Prédateurs ou proies, ces personnages se neutralisent les uns les autres dans un engrenage de violence, une lutte à mort de plus en plus acharnée.

Entelechia Obscura / APOTROPIA (Antonella Mignone, Cristiano Panepuccia) / 2021 / Italie / 4’00

Le mot « entéléchie » est un terme aristotélicien qui exprime le but inhérent à chaque être ou chaque chose, sorte d’état de perfection de ce qui a atteint le but qui lui était imparti. Principe éternel et idéal, l’entéléchie entretient un lien dialectique constant avec les conditions matérielles, les corps et les univers qui la rencontrent.

Out of Order / Debora Vrizzi / 2021 / Italie / 10’30

Un film issu de l’étude de dossiers médicaux de femmes internées à l’asile durant la période fasciste, ainsi que de la lecture de l’essai de Annacarla Valeriano intitulé Malacarne. Il en ressort un constat : les raisons de l’internement se trouvaient dans la sphère des sentiments – sensibilité, peurs, désirs – et non pas dans une réelle pathologie. Out of Order parle de ces femmes qui, incapables de s’adapter aux rôles stéréotypés qui leur sont imposés, sont considérées comme « malades ».

Partager :

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest
videoformes.com >